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Répétition ou spontanéité ?

Lorsque l’on conseille de répéter avant chaque présentation, on nous rappelle régulièrement le risque de perdre sa spontanéité. Il existe effectivement un danger réel, après avoir trop répété un message, de le transmettre en étant davantage concentré sur le contenu du discours lui-même plutôt que sur sa transmission au public. L’orateur se sent alors coincé dans son propos, avec une vraie difficulté à s’en écarter. De son côté, le public assiste à une présentation désincarnée qui, si elle est bien ciselée, ne semble pas lui être adressée. Ceux qui ont déjà fait cette expérience s’en veulent souvent d’avoir autant ressassé leur discours au point de ne pas avoir réussi à se connecter efficacement à leur public et de perdre toute spontanéité. Mais cette argumentation cache une réalité plus complexe.

Nous sommes tous plus à l’aise avec des sujets que nous maîtrisons bien. Précisément parce que le discours est clair dans notre tête, à force de l’avoir expliqué ou raconté. Nous faisons régulièrement l’analogie avec une promenade en forêt : vous connaissez parfaitement le chemin, il y a des parties que vous aimez beaucoup, d’autres moins, vous pouvez vous éloigner du chemin, mais vous n’êtes jamais perdu. Si vous voulez faire un détour pour montrer quelque chose, vous avez suffisamment de points de repère tout le long du trajet – un arbre, une pierre, un plan d’eau – pour retrouver votre chemin. Une présentation se déroule exactement de la même manière. Il y a votre destination, la conclusion, destinée à répéter et ancrer le message clé de votre intervention. Il y a aussi, tout au long de la présentation, des faits – graphiques, constatations, chiffres, résultats. Et il y a enfin le chemin que vous allez emprunter pour aborder tous ces sujets afin de les faire apparaître sous une forme cohérente : votre structure narrative.

Le but d’une répétition est de mémoriser cette structure narrative et l’ensemble des transitions qui vont vous permettre de relier une information à une autre. Ainsi, vous allez retenir le fil d’Ariane qui va relier l’ensemble de vos idées clés. Cela vous permettra de maîtriser la trame de votre présentation et d’offrir à votre auditoire une histoire cohérente qui apportera du sens aux informations qu’il doit retenir. Une bonne répétition n’a pas pour objectif de retenir les mots et de fixer les phrases mais plutôt de construire une carte mentale de votre présentation. En répétant ainsi, vous êtes certain de ne pas vous perdre dans votre propos, et vous gagnerez en sérénité et en spontanéité lorsqu’à chaque étape vous aborderez les informations stratégiques qu’il vous faut transmettre.

La situation extrême serait d’apprendre l’intégralité du discours par cœur. Il y a un vrai risque de vous couper de votre public, de perdre non seulement en spontanéité mais aussi en sincérité. Une fois que vous saurez votre texte, il vous sera très difficile de vous en éloigner et d’adapter votre discours aux besoins de votre auditoire. Mettez-vous à la place de votre cerveau : la situation est stressante, le public est impressionnant et vous avez le choix entre la sécurité d’un texte appris par cœur, ou le danger d’une improvisation sans filet. Évidemment, le cerveau choisit la facilité et la sécurité. Le but de la présentation devient donc de coller à ce qui a été répété au détriment d’un échange interactif avec le public.

A propos de Sébastien Bernard

Créateur, avec Bruno CLÉMENT, de la méthode HUBSTORY®, il supervise tous les aspects liés au storytelling. Son approche de la prise de parole conduit au développement d’un leadership naturel fondé sur la sincérité, l’affirmation de soi et l’attention porté aux autres.

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