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On ne présente pas pour se faire plaisir

Dans la vie d’un projet, il y a toujours un moment fatidique qui ne manque jamais de se produire. Celui où, à l’approche d’une présentation, on se demande : “Au fait, qui va prendre la parole ?”. Et presque inévitablement, s’impose alors à nous un sentiment de “déjà vu”, quand une nouvelle fois le choix se porte sur : celui qui est à l’aise, celui qui a l’habitude.

En même temps, pourquoi infliger cet exercice à des personnes qui n’y prennent pas plaisir, alors qu’en face il y a quelqu’un qui a vraiment ENVIE d’y aller ?

Le problème c’est qu’avec ce genre de raisonnement on alimente le sentiment que plaisir et qualité de présentation vont forcément de pair. Et donc que seuls les quelques élus qui prennent plaisir à présenter sont aptes à relever la tâche.

Mais est-ce que prendre plaisir à présenter implique forcément que l’on est un bon orateur ? 

Et si l’on ne prend pas plaisir à l’exercice, est-on condamné ou est-il possible d’avoir quand même un rôle à jouer ? 

Avant toute chose, préparer une présentation c’est comme préparer votre prochain voyage : il ne faut pas confondre le moteur, le carburant et la destination. Et si le plaisir peut être très utile, il ne faut pas en mettre partout !

 

1/ Si “ se faire plaisir” est l’objectif qui guide votre préparation :

On préfère vous le dire tout de suite : changez de direction, vous allez droit dans le mur.

Pourquoi ? Parce que se fixer “le plaisir” comme objectif, cela veut dire ne plus travailler qu’à son propre plaisir. C’est être animé par son propre intérêt et ses propres sensations. Et ne plus être animé malheureusement, par l’intérêt commun, la cause du projet que vous défendez.

Alors même si cette technique peut marcher un temps pour venir marquer les esprits, inévitablement vous finirez par vous couper du public auquel vous vous adressez. Et à l’inverse de ce que vous souhaitiez accomplir, votre influence ne se trouvera que fortement diminuée car votre auditoire finira par saisir l’intention réelle qui vous anime : “Vous-même”.

Le risque ? Passer aux yeux de ceux qui vous écoutent pour un “showman” ou un “beau parleur”. (Sentence sociale irrévocable en entreprise, pour laquelle même un collier d’immunité ne vous servirait pas à grand-chose.) 

Se fixer pour objectif de “se faire plaisir” c’est se tromper fondamentalement d’objectif.

Dans un grand discours, ce qui nous touche ce n’est pas le fait que l’orateur soit parfaitement à l’aise. Non, ce qui fait l’apanage des grands orateurs, c’est leur capacité à garder en tête et à transmettre qu’il sont au service d’une cause, d’une idée, d’un projet ou d’une entreprise. C’est ainsi qu’ils arrivent à mettre leur auditoire en mouvement.

(Différencier un bon orateur d’un beau parleur n’est pas toujours un exercice facile dans le court terme, mais si vous voulez quelques petites astuces pour les débusquer on vous recommande la lecture de cet article : https://hubstory.io/bon-orateur-vs-beau-parleur-meme-combat/ )

 

2/ Si “ se faire plaisir” est le moteur de votre préparation :

Là, on se permet d’allumer tous les warnings à notre disposition ! 

Si “le plaisir” devient absolument indispensable à votre fonctionnement, cela peut devenir très dangereux. Tout simplement, parce que l’on ne fait pas toujours des choses qui nous font plaisir. Parfois il arrive de devoir prendre la parole dans des contextes qui sont sensibles, dans des situations désagréables, complexes, où il y a de mauvaises nouvelles à annoncer. Et même si on y va rarement en sautillant de joie, il s’agit la plupart du temps de moments cruciaux. Des moments où il ne faut pas se rater car il va falloir réussir à faire bouger les choses et surtout les autres.

Quand les circonstances impliquent de faire pivoter un business model, d’annoncer des mauvaises nouvelles, des changements profonds, il est impensable de dire : “Ah non, je ne prends pas la parole, parce que je n’y trouve pas de plaisir.”

Si dans ces moments là, vous avez besoin d’un moteur, dites-vous justement que ce que vous faites est important. Vous avez le pouvoir d’accompagner, d’aider et d’orienter ceux qui vous écoutent dans la bonne direction. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités (si c’est bon pour Spiderman, c’est bon pour vous aussi). Cela ne sera donc pas forcément simple, mais vous avez l’opportunité unique d’influencer positivement ces moments difficiles. 

 

3/ Si “se faire plaisir” est le carburant de votre préparation :

Jackpot ! Cela veut dire que quelque soit la situation, que l’on parle d’une présentation compliquée ou ordinaire, à forts enjeux ou sans, vous prenez plaisir à le faire. C’est la prédisposition idéale. 

Maintenant, “idéal” ne veut pas forcément dire que ce carburant est inné. C’est le deuxième avantage du carburant : il est possible d’aller le chercher ! Pour ça, il est nécessaire de regrouper deux éléments clés : de la structure et bien se connaître. 

C’est pour cela que l’on partage régulièrement avec vous des outils de structuration. Porter une idée, un projet c’est stressant. Et c’est un sentiment tout à fait naturel. Comme le disait Mark Twain : “Dans le monde il y a deux types d’orateurs : ceux qui ont le trac et ceux qui mentent”. L’enjeu est donc de créer les conditions pour qu’au-delà du trac que l’on ressent, au-delà des problèmes que l’on peut avoir en termes de confiance ou d’image de soi, on a suffisamment d’outils sur lesquels s’appuyer. C’est dans ce cadre que l’on conseille d’avoir une vraie structure de storytelling de façon à structurer et à simplifier son propos. 

(Pour en apprendre davantage sur comment bien structurer son propos, on vous encourage à lire l’article suivant : https://hubstory.io/storytelling_par_ou_commencer/)

 

Une bonne pratique ? Avant de vous lancer dans l’étape structure, cherchez à clarifier votre objectif de présence et identifiez les intentions qui vous animent. Demandez vous : 

  • Quel est l’objectif que vous souhaitez atteindre grâce à votre prise de parole ?
  • Que souhaitez-vous que votre auditoire ressente lors de votre présentation ?
  • Que voulez-vous qu’il pense ? 
  • Que voulez-vous que cela provoque comme changement ?
  • Enfin, que souhaitez-vous que votre auditoire retienne absolument de votre discours ?

Cela vous permettra d’orienter votre propos dans la bonne direction.

 

De la structure, un objectif de présence et un esprit clair vous permettront de mesurer que lorsque vous construisez un propos : c’est pour avoir un impact sur les autres. Et vous verrez, avoir un impact sur les autres, c’est ça qui est plaisant ! 

 

A propos de cecilechuffart

Cécile s'initie au storytelling au sein de grandes maisons de luxe. Animée par l'envie de défendre les idées et ceux qui en sont à l'origine, c'est bien de fils (narratifs) en aiguille qu'elle décide de rejoindre ZEPRESENTERS, avec un seul objectif en tête : tisser des histoires fortes pour rendre chaque idée désirable !

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