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Pitch, storytelling, design et leadership : Le meilleur de l'actualité par ZePresenters logo

Leadership vs Dictatorship

Le leadership fait désormais partie des compétences incontournables du collaborateur. Dans les couloirs ou à la machine à café, tout le monde parle de François qui « en bon leader, a su mener son projet de transformation à bien ». Ou bien encore de Sophie qui « à tout juste 29 ans vient d’être promue à la tête du pôle communication grâce à ses qualités de leader indéniables. » S’il est clair que développer le leadership de ses équipes constitue aujourd’hui un véritable enjeu stratégique, une chose demeure moins claire : comment les identifier en amont et les aider à se développer ?

« C’est moi le chef ! »

Le leadership est mis à toutes les sauces. Il faut dire qu’il est tentant, pour ceux qui sont aux commandes, de faire du leadership le modèle d’expression de leur propre autorité. Et il est courant de voir les équipes accepter cet état de fait : “le leader, c’est le chef”.
Nous avons souvent insisté sur
la différence entre un pitch et un résumé . Nous ne le faisions pas par dogmatisme. Si on réduit un nouvel outil à ce que l’on connaît déjà, on ne fera jamais rien de nouveau avec. Il est en de même avec le leadership. Si on banalise la posture du leader en en faisant un synonyme de manager, on passe à côté d’une nouvelle manière d’animer les équipes et les projets.

Ou pas !

Le sujet du leadership n’est pas de savoir si vous êtes le chef ou non. Le leader n’est pas nécessairement le plus grand, le plus fort ou le plus intelligent. Ce n’est pas non plus celui qui fait les choses parce qu’il doit les faire ou parce que cela relève de son périmètre de responsabilité.

Le leader, c’est celui qui n’attend pas qu’on lui demande pour se mettre en mouvement. C’est celui qui sait être utile aux autres, dans son périmètre de compétences, à partir de ses convictions, de ses connaissances et de sa perspective de l’organisation. Le leader c’est celui qui va se demander quels sont les projets utiles et importants à mener au sein de son organisation, et comment il/elle peut exercer son influence pour les mettre en œuvre.

Bon orateur vs bon leader

C ’est dans ce cadre que l’on observe un parallèle évident entre leadership et prise de parole. En effet, le bon orateur exprime systématiquement les 3 leviers d’action du leader : il protège les autres, il clarifie les sujets, il inspire et donne du sens. Cela ne veut pas dire qu’il sera capable de mettre en oeuvre ce qu’il a dit. C’est tout le problème des beaux parleurs. Tant qu’on ne l’a pas vu à l’action, on est incapable de différencier l’orateur/leader du beau parleur/manipulateur.

En revanche, cela signifie que l’on ne peut pas laisser la parole être confisquée par ceux qui aiment et savent parler. A ce titre, chaque organisation est assise sur une source de valeur inestimable : la capacité d’initiative de ceux qui n’osent pas parler de ce qu’ils font et de ce qu’ils voudraient faire. Le management de la prise de parole est un outil puissant pour développer les équipes. Notamment parce qu’il permet de révéler les erreurs de postures et les mauvais objectifs

Le syndrome du dictateur

Nombreux sont les orateurs qui se trompent d’objectif en prenant la parole. Il y a ceux atteints du « syndrome du bon élève », qui cherchent à montrer qu’ils ont bien travaillé. Il y a « les experts » qui cherchent à montrer qu’ils savent des choses que les autres ne savent pas. Il y a aussi « les showmans » qui présentent pour montrer qu’ils sont bons et qu’ils aiment ça. Et puis quand il s’agit d’aborder le sujet de l’autorité, il y a ceux atteints du « syndrome du dictateur » dont l’objectif est de montrer que « le chef, c’est moi. »

Sauf qu’utiliser vos moments de prises de parole pour montrer que vous êtes le chef est contre-productif pour plusieurs raisons :

Plus vous donnerez le sentiment que vous utilisez la parole pour justifier et affirmer votre autorité, plus les gens en douteront. Et ce pour une raison simple : devoir rappeler aux autres que vous êtes leur supérieur signifie que ce n’est pas évident pour eux et vous décrédibilise d’autant plus.

Le but de votre prise de parole n’est pas de défendre votre image ou votre statut social mais de faire bouger les lignes et d’accompagner le changement. Votre rôle en tant que leader et orateur est de sensibiliser vos équipes, de faire évoluer ce qu’ils pensent, ressentent et font, afin de mener à bien d’importants projets.

Comment insuffler le mouvement ?

Oubliez-donc de chercher à montrer que vous êtes le chef. De par votre fonction et responsabilité, vous le savez déjà, et c’est tout ce qui compte. En revanche, en tant que chef, comment allez-vous utiliser cette responsabilité pour mettre en mouvement des choses que d’autres ne pourraient pas faire ? Comment l’autorité conférée par votre statut vous donne la possibilité de faire avancer des projets, de donner vie à des idées comme jamais ?
C’est en répondant à ces questions clés que vous mettrez votre responsabilité hiérarchique au service du changement que vous souhaitez pour vos équipes et organisation. Et pas seulement au service de votre propre image de manager .

Finalement, prendre la parole comme un leader : c’est prendre la parole pour défendre des idées, des projets et des équipes qui vont avoir à les mettre en œuvre. Et c’est avec cette définition du leadership en tête que vous serez en mesure d’être identifié comme un leader qui est là pour faire bouger les lignes et non pas comme un dictateur qui cherche absolument à réaffirmer que c’est lui qui a le pouvoir.

A propos de Constance Toulemonde

Storymanager et formatrice certifiée Hubstory, elle accompagne de nombreuses entreprises en conseil stratégique pour transformer leurs stratégies en des histoires claires, inspirantes et incarnées. Son motto: inspirer les autres à inspirer les autres.

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