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Je n’ai rien à dire mais je me soigne

Cette semaine nous abordons la 3ème peur la plus fréquente lorsque l’on prend la parole en public : se retrouver sans rien à dire. Les symptômes classiques incluent un blanc mental, une perte de moyens et une incapacité à formuler ses propos ou de répondre à une question. Alors, c’est grave docteur ?

Si vous vous sentez concernés, nous avons deux bonnes nouvelles :

  1. Vous n’êtes pas seuls. En effet, c’est une hantise très largement partagée que l’on traite souvent en formation.
  2. Ça se soigne, en analysant les symptômes, identifiant la cause et en suivant rigoureusement le traitement adapté.

Nous avons identifié pour vous 4 causes principales dans lesquelles vous allez sûrement vous retrouver, et leur traitement adapté.

« Je perds mes moyens à chaque fois ! »

Se retrouver muet devant son public est un tabou très largement partagé, qui génère des pensées automatiques stressantes bien en amont de la prise de parole : « Je vais encore perdre le fil de mon discours. Je ne saurai pas répondre aux questions posées, on va me trouver nul et ridicule… » Ces pensées négatives sont toxiques. Elles nuisent à votre préparation, en nourrissant une image négative de vous et de vos capacités. Gardez à l’esprit que la peur n’évite pas le danger, souvent elle le provoque. Plus vous êtes persuadé que vous allez perdre vos moyens, plus vous allez vous concentrer sur ce qui vous trouble et plus vous y serez sensible. Les pensées automatiques négatives sont souvent difficiles à combattre car elles sont inconscientes et paraissent cohérentes avec l’image que l’on a de soi-même. Dans les cas les plus aigus il faut se faire aider. Pour les autres, on peut jouer à challenger les idées sombres qui nous trottent dans la tête en les reformulant sous forme de question : « Et si j’étais suffisamment préparé ? Est-ce que c’est si grave de ne pas savoir répondre immédiatement à une question ? »

« J’ai dit tout ce que j’avais à dire… et il reste du temps ! » 

On vous a donné 30 minutes de temps de parole, mais c’est la panique lorsqu’au bout de 15 minutes, vous avez fait le tour complet de ce que vous aviez prévu de dire. Vous ressentez alors la peur de l’écolier qui rend une copie blanche : « Qu’est ce qu’on va dire de moi ? On va penser que je n’ai pas assez travaillé… » Souvenez-vous que le but d’une prise de parole est de générer un changement chez ceux qui vous écoutent, pas de remplir une case horaire. Si vous avez encore du temps à la fin de votre intervention, vous avez deux avantages :

  • Vous bénéficiez d’un temps additionnel pour échanger avec votre public et poursuivre la présentation comme une conversation. Pour ce faire, ayez toujours des questions prêtes pour engager l’échange.
  • Une fois au bout de l’échange, vous permettrez à votre audience de finir plus tôt… On vous en voudra toujours moins que de finir en retard !

« J’ai un trou… » 

Hantise de tout orateur, le blanc mental se produit lorsque, concentré sur notre discours, un détail parasite détourne notre attention. Le phénomène est très déstabilisant : le stress monte rapidement, on cherche désespérément ses mots. Or, plus nous stressons, moins les mots nous reviennent.

La seule solution est de se calmer, tout en assumant que oui, vous avez perdu le fil. C’est un phénomène classique dès que l’on prend régulièrement la parole. Respirez un grand coup, ça va revenir de la même manière que c’était parti. Le plus efficace est de le dire à votre auditoire afin qu’il vous remette sur la bonne voie. Moins ce sera un problème pour vous, moins ce sera un problème pour eux.

« J’ai peur de ne pas savoir répondre aux questions. » 

D’où vient cette exigence que tout orateur doit savoir répondre immédiatement à toutes les questions de son auditoire ? Il s’agit là en effet d’une pression que l’on s’impose à soi-même. Avez-vous vraiment vocation à être un bon élève toute votre vie ? Car c’est justement en s’affranchissant de cette posture de bon élève que les leaders se font remarquer. Le leader assume que son expertise est moins dans sa capacité à répondre aux questions qu’à identifier les besoins de celui qui la pose. Dans cette posture, toute les questions sont une opportunité de créer du lien :

  • Vous avez la réponse : super, vous allez pouvoir aider immédiatement celui qui vous interroge. Mais attention, le but n’est pas répondre à la question… le but est de répondre à « pourquoi » on vous a posé la question !
  • Vous avez besoin de réflexion : super, c’est une question rare à laquelle vous avez besoin de réfléchir un peu. Le plus simple est de questionner vous-même celui qui vous interroge afin de faire le tour de sa question et d’identifier avec lui une piste de réponse.
  • Vous n’avez pas de réponse : super, voilà une question que vous ne vous étiez jamais posée. Soit la réponse est dans votre cadre de compétence et il sera intéressant d’aller chercher la réponse, quitte à proposer d’y répondre plus tard. Soit la question ne vous concerne pas du tout et vous pourrez orienter votre interlocuteur vers celui ou celle qui pourra l’aider.

 

A propos de Constance Toulemonde

Storymanager et formatrice certifiée Hubstory, elle accompagne de nombreuses entreprises en conseil stratégique pour transformer leurs stratégies en des histoires claires, inspirantes et incarnées. Son motto: inspirer les autres à inspirer les autres.

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